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Quand la vigne se met en mode « stress »

Chaleur, soif, excès de soleil : ce que vit vraiment la vigne — et la vente du mois avec Tempier, Les Terres Bariolées et le Domaine Gasnier.

En novembre, toujours la dormance

L'air se refroidit et les premières gelées ne sont pas loin : il faut protéger la vigne. On rajoute un peu de terre au pied pour la garder au chaud — cela favorise aussi l'enracinement profond — et certains vignerons paillent pour protéger le sol pendant l'hiver. C'est le moment d'aller marcher dans les vignes au soleil couchant pour admirer leurs magnifiques couleurs.

Quand la vigne se met en mode « stress »

Imaginez : un rayon de soleil un peu trop « rayon », voire un peu « laser ». La vigne est tranquille, feuilles au vent, grappes au frais… et tout à coup, on franchit les 40 °C. Le sol se dessèche, les feuilles crient au secours, et la vigne se retrouve en pleine crise. Oui, la vigne aussi, ça stresse. Il faut qu'on vous explique.

Faut-il consulter, monsieur le vigneron ?

Il y a plusieurs types de stress au menu : thermique (la chaleur en excès), hydrique (la soif) et lumineux (trop de soleil, trop d'exposition). Quand la vigne subit une chaleur excessive — plus de 42 °C pendant la phase de baies vertes, par exemple — cela peut déclencher des nécroses irréversibles. Les recherches montrent par ailleurs que la combinaison chaleur + sécheresse provoque une cascade de réactions physiologiques qui freinent la photosynthèse et perturbent la maturation des baies, l'acidité, la couleur — bref, l'équilibre du raisin.

Concrètement ? Quand la vigne souffre, elle se recroqueville. Les feuilles réduisent leurs échanges, les pores se ferment pour perdre moins d'eau. Résultat : moins d'énergie, moins de jus, des baies plus petites, parfois desséchées. Et c'est irréversible, même s'il pleut ensuite. Oui, la vigne a ses zones de burn-out.

Mais tout n'est pas catastrophe, loin de là : un stress hydrique modéré peut même être utile. Il concentre les arômes et réduit le volume d'eau dans la baie, ce qui donne de la profondeur au vin.

Les bons réflexes

Offrir un peu d'ombre : conserver un feuillage suffisant, envisager des filets d'ombrage ou des arbres pour protéger des rayons ravageurs. Améliorer le sol : matière organique, paillage, enherbement entre les rangs pour retenir l'eau et limiter l'évaporation. L'irrigation peut aider, mais ce n'est pas une solution unique : il faut un plan global. La start-up agritech Bienesis a d'ailleurs développé une sorte de parapluie multifonctions capable de répondre à plusieurs aléas — fortes chaleurs, captage de l'eau de pluie, protection contre le gel et la grêle. Plusieurs vignerons de Bourgogne ont sauté le pas, dont les domaines Naudin-Ferrand et Bizot.

En bref : la vigne, comme nous après une semaine folle, a besoin de repos, de soin, d'un peu d'ombre — et d'un verre de… non, ça, c'est pour nous. Pour elle, cela veut dire sol vivant, feuillage préservé, cépage adapté et climat bien observé. Derrière ce « stress » se joue quelque chose de plus grand : la relation à la terre, aux saisons, à une nature qui change. Levons notre verre pour la remercier du travail accompli — santé, respect à nos vignes, un souffle d'ombre pour l'été prochain et un bon repos cet hiver.

La dégustation du 20 novembre : l'Alsace, à la découverte du Grand Est

Pinot Blanc, Pinot Gris, Pinot Noir, Sylvaner, Gewurztraminer, Riesling… Ces noms, tout le monde les a déjà entendus. Nous n'avons pas l'intention d'en parler seulement : nous voulons vous les faire goûter. Trois blancs et un rouge pour une analyse « scientifique » du Grand Est — on goûte, on compare, on débat (toujours gentiment), et on découvre ce que chaque bouteille raconte de son terroir et de ceux qui la font. Le 20 novembre de 19 h 30 à 21 h 30, 45 € pour les non-adhérents et 35 € pour les adhérents.

Les bouteilles de la dégustation Alsace : Luc Faller, Agathe Bursin et les Grands Crus Kientzler posés sur le gravier blanc de la cave

C'est aussi l'heure de remercier les personnes qui vous entourent : nos coffrets cadeaux sont là pour ça.

La vente du mois : Domaine Tempier

Un domaine emblématique de Provence, fondé en 1834, où tradition, terroir et sophistication se donnent rendez-vous pour créer des vins véritablement d'exception. Le Bandol blanc 2021 (32 €), assemblage de Clairette, Ugni Blanc, Bourboulenc et Marsanne issu des parcelles tardives et fraîches du domaine : malgré la région sudiste, il affiche une belle fraîcheur, des agrumes, une finale saline et une complexité venue de l'élevage en foudres. Le Bandol rosé 2022 (24,50 €), Mourvèdre en tête avec Grenache, Cinsault et Carignan sur argilo-calcaires : belle acidité, agrumes et fleurs, structure tout en fraîcheur et en élégance. La Migoua 2018 (67 €), cuvée parcellaire à dominante Mourvèdre complétée de Cinsault et Grenache : un rouge raffiné, floral, structuré, un peu « bourguignon » dans l'esprit malgré le Sud. La Tourtine 2019 (68 €), terroir prestigieux du Castellet, forte dominante Mourvèdre : très concentré, tannique, profond, de garde. Et Cabassou 2018 (105 €), cuvée ultra-parcellaire de petites terrasses aux vignes très âgées : dense, puissant, de très longue garde.

Les cinq cuvées du Domaine Tempier alignées : rosé, blanc, La Migoua, La Tourtine et Cabassou

Les Terres Bariolées, en allocation

Créé en 2022 par Edoardo Veltroni et Claire Freist, passés par des appellations prestigieuses de Bourgogne, le domaine travaille autour du petit village de Chalus, en Auvergne : Chardonnay, Chardonnay Muscaté, Gamay et Pinot Noir, en agriculture biologique et en s'inspirant des pratiques biodynamiques. Chalenta 2023 (42 €), AOC Côtes d'Auvergne, majoritairement Chardonnay sur marnes grises d'altitude : un style austère et minéral, avec largeur et profondeur. Les Sables de Grès 2023 (38 €), 100 % Chardonnay Muscaté en macération légère sur sols volcaniques : citron confit, fleurs blanches, tisane fraîche, bouche suave. Les Suquets 2023 (38 €), 100 % Chardonnay : vif et tendu, agrumes et fleurs, belle tension minérale. Et Les Chirouzes (38 €), 100 % Pinot Noir de parcelles à 600 mètres d'altitude sur basaltes volcaniques : élégant et frais, fruits rouges et noirs, épices douces, tanins fins.

Les quatre cuvées des Terres Bariolées et leurs cires colorées : Les Suquets, Les Sables de Grès, Chalenta et Les Chirouzes

Domaine Gasnier

Le domaine familial est implanté à Cravant-les-Coteaux, en AOC Chinon, dans la vallée de la Loire : une trentaine d'hectares conduits en bio puis en biodynamie, des vendanges manuelles et une vinification respectueuse du terroir — argilo-calcaires, silex, graviers, terrasses bien exposées. La Cravantine (12,50 €), effervescent méthode traditionnelle 100 % Cabernet Franc : bulles fines, robe saumon clair, fruits rouges, bouche légère et croquante. Le Clos de la Cure (12,90 €), 100 % Chenin sur sol crayeux : sec, fruité, acidité maîtrisée, touche saline — idéal à l'apéritif ou avec poissons et fromages de chèvre. Le Coteau de Sonnay (19,10 €), Chenin d'un coteau de craie blanche exposé plein sud : plus ambitieux, élégant, complexe, élevé en barriques et demi-muids, finale minérale. Les Graves 2023 (11 €), Cabernet Franc de vignes de 20 à 40 ans : gouleyant, fruité, tanins souples, un vin de plaisir à boire jeune. Les Vieilles Vignes 2023 (13,50 €), vignes de 50 à 55 ans, macération longue et six mois de barriques : plus structuré, avec de la garde possible. Et Signature 2023 (18 €), issu de deux petites parcelles historiques de vignes de 80 à 85 ans plein sud : 32 jours de macération, 12 mois de barriques — un vin de garde, puissant mais équilibré.

La gamme du Domaine Gasnier : La Cravantine, Le Coteau de Sonnay, Les Graves, Vieilles Vignes et Signature

Et surtout, n'oublions pas : boire un canon, c'est sauver un vigneron.

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