Aller au contenu
L'Amicale du Raisin
← La Gazette

Bordeaux rive droite vs rive gauche: ce qu'on met vraiment dans le verre

Avant notre soirée dédiée à Bordeaux, on pose les repères utiles pour comprendre les styles, les textures et les accords.

Février est derrière nous — et quel mois !

La coinche de L'Amicale a fait fureur : douze duos se sont livré bataille, et les Bizons ont tapé le carton mieux que les autres — ils succèdent aux Gazelles. Nous avons aussi vécu une dégustation champagne qui restera dans les livres de la sommellerie : quatre bulles au programme… et quelques à-côtés en plus, dont un coteaux champenois qui a mis tout le monde d'accord et un blanc de blancs qui a montré ce que l'AOC Champagne peut produire de meilleur. Une bien belle soirée.

La table de la dégustation « 100 % Bulles » : livrets L'Amicale du Raisin, flûtes et assiettes de mets sur nappe noireLa cuvée Longitude Premier Cru de Larmandier-Bernier, l'une des bouteilles marquantes de la soirée

Et le mois dernier, 97 membres ont rejoint la communauté WhatsApp de L'Amicale du Raisin — des infos au jour le jour sur les nouveautés, les événements et la culture vin.

Bordeaux : plus qu'une ville, une ambassadrice du vin

L'histoire du vin à Bordeaux remonte à l'Antiquité. Ce sont les Romains, au Ier siècle, qui implantent les premières vignes dans la région. Grâce à sa position stratégique le long de la grande, magnifique Garonne et à son ouverture vers l'Atlantique, la ville devient un port commercial de premier plan.

Au Moyen Âge, le mariage d'Aliénor d'Aquitaine avec Henri II d'Angleterre crée le « crunch » et ouvre aux vins bordelais les portes du marché anglais. Les exportations explosent et le « claret » — un vin clair, mais quand même plus rouge que le rosé — devient le vin favori des Anglais. C'est le début de l'hégémonie française dans le monde du vin. Au fil des siècles, Bordeaux développe une organisation unique fondée sur les châteaux, le négoce et une hiérarchisation des crus — notamment avec le célèbre classement de 1855, demandé par Napoléon III pour l'Exposition universelle de Paris.

Mais d'où vient la réputation des vins de Bordeaux ?

Elle repose d'abord sur un terroir exceptionnel : un climat océanique tempéré, des sols variés — graves, argilo-calcaires, sableux — et la proximité des estuaires de la Garonne et de la Dordogne offrent des conditions idéales pour la vigne.

Elle s'explique aussi par l'art de l'assemblage. Contrairement à d'autres régions, Bordeaux marie plusieurs cépages : Merlot, Cabernet Sauvignon, Cabernet Franc, parfois Petit Verdot ou Malbec. Cet assemblage donne des vins équilibrés, complexes et aptes au vieillissement — un parti pris engagé, mais qui paye sur la durée. Enfin, la notoriété internationale des grands crus et la puissance du réseau historique de négociants ont largement contribué à faire de Bordeaux une référence mondiale.

Rive gauche et rive droite : quelles différences ?

L'estuaire de la Gironde divise le vignoble bordelais en deux grandes entités. La rive gauche — le Médoc et les Graves notamment — est marquée par des sols de graves (galets et graviers) qui favorisent le Cabernet Sauvignon : des vins souvent structurés, tanniques, au potentiel de garde important, faits pour vieillir. La rive droite — Saint-Émilion, Pomerol — offre davantage de sols argilo-calcaires où le Merlot domine : des vins généralement plus ronds, plus souples dans leur jeunesse, au fruité velouté.

Ces différences ne placent pas l'une au-dessus de l'autre : ce sont deux styles distincts, deux expressions d'un même grand vignoble, et cette diversité fait toute la richesse des vins de Bordeaux. Mais du coup, quelle rive est la meilleure ? Réponse en avril.

Les rendez-vous : le Jura, puis le combat des deux rives

Le 12 mars, balade en terre jurassienne : venez déguster les vins d'un vignoble aux terroirs riches et à l'identité forte, toujours accordés avec le petit mets qui va bien. Le Jura, ça vous parle ? Le Savagnin ? Le vin jaune ? Arbois, vin de paille, Trousseau, Poulsard ? On vous explique tout — c'est plein de petits producteurs qui aiment les choses engagées, et ils sont libres. De 19 h 30 à 21 h 30, 50 € pour les non-adhérents et 40 € pour les adhérents.

Et le 16 avril, le combat Bordeaux : rive droite contre rive gauche. Vous serez nommés juges, et la décision vous reviendra — à vous de trancher. Le niveau est haut des deux côtés de la Garonne.

Les entrées en cave : Domaine Chermette, le retour

Au cœur du Beaujolais, le Domaine Chermette cultive l'art du vin avec passion et précision. Entre traditions familiales et respect du terroir, il façonne des cuvées sincères, fruitées et élégantes. Les Griottes (9,90 €), ultra-gourmande, déborde de petits fruits rouges croquants et de fraîcheur joyeuse. Origine (11,40 €), plus profonde et authentique, révèle le caractère du terroir avec élégance — deux styles, une même passion. Et le Crémant de Bourgogne brut (18 €), frais et élégant : agrumes, fruits blancs et une touche florale subtile, idéal à l'apéritif.

Les trois cuvées du Domaine Chermette : Origine, Griottes et le Crémant de Bourgogne

Domaine Delaporte, Sancerre

Une exploitation familiale qui date du XVIIe siècle — autant dire qu'ils connaissent leurs vignes. Certifiée bio, évidemment, avec des vins bien faits, parfaits pour accompagner de beaux repas. Chavignol Pinot Noir 2023 (26 €) : une super fraîcheur, parfaite pour les amateurs de viande blanche. Cuvée Silex 2023 (28 €) : un blanc à la belle tension, minéral et fleurs blanches — il porte bien son nom. Côte d'Amigny 2023 (52 €) : la quintessence du Sauvignon blanc après 18 mois d'élevage, qui sublimera vos poissons après quelques minutes d'ouverture. Le Cul de Beaujeu 2022 (34 €) : un Pinot Noir sancerrois solaire et équilibré, parfait avec une pièce de bœuf. Et il reste quelques Monts Damnés 2021 (34 €), la pente emblématique de Sancerre, à goûter absolument.

Quatre Sancerre du Domaine Delaporte : Chavignol, Le Cul de Beaujeu, la Cuvée Silex et la Côte d'Amigny

Les Terres Bariolées, troisième millésime

Le domaine a été créé en 2022 par Claire Freist et Edoardo Veltroni, deux vignerons talentueux qui se sont rencontrés dans des domaines prestigieux de Bourgogne avant de s'installer à Chalus, près d'Issoire, en Auvergne. Cinq hectares à peine, des premiers vins depuis 2022, et un travail remarquable du Pinot Noir, du Chardonnay et du Gamay : Chardonnay frais à la belle acidité, Pinot Noir élégant, fruité et prometteur. Nous avons le plaisir de proposer leur troisième millésime — attention, ça envoie : dans dix ans, on se l'arrachera. Chalenta 2024 (48 €), Chardonnay AOC Côtes d'Auvergne ; Les Sables de Grès 2024 (43,20 €), Chardonnay Muscaté en macération ; La Condamine 2024 (36 €), Gamay de Boudes ; Les Suquets 2024 (43,20 €), Chardonnay ; et Les Chirouzes 2024 (43,20 €), Pinot Noir IGP Puy-de-Dôme.

La gamme 2024 des Terres Bariolées au grand complet, huit cuvées aux étiquettes signées

Et surtout, n'oublions pas : boire un canon, c'est sauver un vigneron.

Éditions précédentes