6 octobre 2025
Corbières : quand les flammes menacent la vigne et les hommes
Après les incendies de l'été dans l'Aude, place à la solidarité : l'histoire d'une région meurtrie et deux domaines à soutenir, verre en main.
En octobre, c'est la dormance
Après une phase de croissance qui a duré toute l'année, la vigne a bien travaillé. Au début de l'automne, elle entame sa dormance : les feuilles perdent leur vert pour tirer vers le brun, puis tombent ; les sarments brunissent à leur tour. La vigne prend un peu de vacances — pendant que les vignerons, eux, vinifient. C'est la mise en chai.
Corbières : quand les flammes menacent la vigne et les hommes
Cet été, les paysages magnifiques des Corbières, dans l'Aude, ont été frappés de plein fouet par des incendies d'une rare intensité. Des centaines d'hectares de garrigues, de pinèdes et de vignes ont été réduits en cendres. Les flammes n'ont pas détruit que la biodiversité : elles ont aussi touché une activité qui fait battre le cœur de la région, la viticulture.
Une région viticole durement touchée
Les Corbières sont l'un des berceaux du vin en Occitanie. Chaque parcelle est chargée d'histoire — celle de familles installées parfois depuis plusieurs générations, mais aussi de jeunes vignerons prometteurs. La région s'étend de la montagne d'Alaric, à l'est de Carcassonne, jusqu'à Port-Mahon, au bord de l'étang de Bages et de la Méditerranée.
Dans certaines communes, des vignerons ont vu leurs parcelles noircies, leurs vignes se consumer entièrement. D'autres ont échappé de peu à la catastrophe, mais ont dû vendanger cette année des raisins marqués par la fumée, souvent inutilisables pour la vinification. Pour de petites exploitations familiales, ces pertes représentent une véritable épreuve : une récolte sacrifiée, et parfois plusieurs années avant de retrouver des vignes capables de produire.
Un patrimoine à protéger
Les incendies des Corbières rappellent à quel point les vignobles sont exposés au changement climatique et aux risques naturels. La montée des températures et la sécheresse rendent ces territoires particulièrement sensibles. Préserver ce patrimoine viticole est primordial et impose des efforts collectifs : création de pare-feux, entretien du maquis, soutien économique et moral aux exploitants.
Alors, soutenons-les
Aujourd'hui, les vignerons des Corbières ont besoin de solidarité. Achetez leurs bouteilles, relayez leur histoire : des petits gestes pour les aider à se relever. Les flammes ont peut-être noirci leurs vignes, mais elles n'ont pas effleuré leur passion.
Pourquoi vous raconter tout cela ? Parce que l'un des engagements que nous nous sommes fixés en créant L'Amicale du Raisin, c'est d'être solidaires des femmes et des hommes qui sont à la base de notre passion : les vigneronnes et les vignerons. Ce mois-ci, nous proposons donc des vins des Corbières, issus de domaines particulièrement touchés.
La dégustation du 9 octobre : deux cépages, deux régions
Si l'on plante le même raisin à l'est et à l'ouest, obtient-on le même vin ? Peut-être, peut-être pas… pour le savoir, il faut goûter. C'est ce que nous vous proposons de découvrir : deux couleurs, une analyse « scientifique » — on goûte, on compare, on débat (toujours gentiment), et on découvre ce que chaque approche raconte du vin, de son terroir et de ceux qui le font. Le 9 octobre de 19 h 30 à 21 h 30, 45 € pour les non-adhérents et 35 € pour les adhérents.
La vente du mois : Château St Eutrope
Depuis quatre générations, la famille vinifie à Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse, au cœur des Corbières. Cette année, 42 hectares ont été touchés par les flammes ou la fumée, et n'ont pas été vendangés. L'Ogre des Corbières 2022 (22 €), c'est un peu le phénix qui renaît de ses cendres : une cuvée développée spécialement à la suite des incendies de l'été, en AOP Corbières. Maximux 2023 (13 €), AOP Corbières, gourmand sur le fruit rouge avec une belle puissance. Et la Cuvée d'Émilie 2022 (22 €), AOP Boutenac : une bouche riche et longue, parfaite pour accompagner une viande en sauce.
Château La Baronne
Domaine familial situé au pied de la montagne d'Alaric, en bio depuis 2007 et en biodynamie depuis 2012. Trente hectares touchés — un tiers du domaine. En blanc : NW le Rolle (17 €), 100 % Vermentino vinifié en amphores et jarres de céramique, parfait avec un ceviche de bar ; Les Grenaches Gris de Jean 2022 (22 €), un vin orange vinifié en amphore, l'accord idéal d'un plat épicé ; Les Chemins Blancs (17 €), rondeur et vivacité, qui accompagnera vos petits chèvres à merveille. En rouge : Les Chemins (18 €), AOP Corbières, assemblage de Carignan, Grenache, Mourvèdre et Syrah, parfait avec une belle tomme de Savoie ; Les Lanes (13 €), un vin facile de Grenache et Carignan ; et La Pièce de Roche (38 €), 100 % Carignan en IGP Hauterive, un grand vin de garde qui s'accordera à merveille avec du canard.
Et surtout, n'oublions pas : boire un canon, c'est sauver un vigneron — cette fois plus que jamais.
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